oui_oui_et_le_gendarme

Depuis que notre village apolitique est devenu une commune de la Majorité Présidentielle, les habitants ont pu vérifier que notre charmante bourgade ne voulant être en reste, appliquait sans doute par pur mimétisme, la dérive sécuritaire issue des discours de notre ministre de l’intérieur.

Jusqu’à présent, notre commune rurale, outre une gendarmerie, se suffisait d’un garde-champêtre et de votre statut d’officier de police judiciaire pour appliquer vos arrêtés municipaux. Nous voici donc maintenant dotés à demeure d’une brigade de police municipale.

Certes, l’embauche de notre Duranton municipal, artiste et débonnaire date du mandat municipal précédent, mais dès votre sexennat entamé (devenu un septennat), vous nous avez assurés, nous, simples contrevenants, que les tâches affectées à notre brigade municipale resteraient essentiellement un travail de surveillance, de présence, de prévention, et d’explications, et nullement comme on pouvait-on le craindre un travail de répression.

Or l’évolution est une loi immuable de l’humanité, même chez nos hirondelles !
Si au début, nous fûmes totalement rassurés par la main courante de notre policier, sur la population de ragondins au Camping municipal et sur le recensement des chevreuils en forêt communale ; maintenant, notre agent prévenant et serviable s’est mué peu à peu en un fervent lépidoptériste traquant le touriste oenophile, ou l’autochtone distrait.

Pour renforcer son efficacité, vous avez même décidé de transformer cette année notre brigade bipède en une brigade quadrupède.

Or voilà que nous avons eu la surprise ces jours derniers dans notre rue principale, d’assister à l’attroupement bleuté de nos pandores municipaux autour d’un cinémomètre de récente facture. « Il ne s’agit que d’une période de test ! », nous assure t’on ! Or le slogan est connu : « L’essayer, c’est l’adopter ! ».

Comment justifierez vous cet éventuel investissement 100% communal, dont aucun subside ne retourne dans le budget municipal ? Est-ce réellement votre politique communale de suppléer aux carences (selon vos propres dires !) de la Gendarmerie (les militaires apprécieront !) ou de nos brigades motorisées ?

J’ai assisté le lendemain à la sortie des classes primaires de nos écoles communales, là où aucune « police municipale de prévention » ne vient plus mettre ses brodequins, puis j’ai tourné la tête et aperçu au même instant, au bout de la rue, nos pandores remonter en voiture, le carnet de procès-verbaux à la main.

C’est à cet instant que m’est apparue l’ampleur de votre politique municipale en matière de prévention, Monsieur le Maire. J’en ai déduit que j’habitais effectivement depuis peu, un charmant petit village apolitique … de la Majorité Présidentielle !